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25 Novembre 18h00 Bd M.Leclerc contre les violences patriarcales

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Refusons les mégabassines, refusons la privatisation de l’eau

Le week-end du 28 au 30 octobre, des milliers de personnes (sept milles selon les organisateur·ices) se sont réunies à Saintes Soline, à l’appel du collectif Bassines non merci, Les soulèvements de la terre, et soutenu par des dizaines d’associations, syndicats et organisations politiques (dont l’UCL) pour trois jours de mobilisations contre le projet de mégabassines dans le sud des Deux-Sèvres.

Dans la région ce ne sont pas moins de 16 bassines dont celle de Sainte Soline qui risquent d’être construites. Ces gigantesques cratères plastifiés servent à stocker l’eau puisée dans les nappes phréatiques pour l’accaparer afin d’irriguer une agriculture intensive au profit de l’exportation et de l’exploitation animale industrielle.

Le week-end de contestation ayant été interdit par la préfecture, un gigantesque dispositif de répression composé de 1700 gendarmes, 7 hélicoptères, des camions de l’armée, un canon à eau, ainsi qu’un drone étaient à l’œuvre pour intimider, verbaliser et ficher les militant·es. Des contrôles d’identités et des fouilles ont eu lieu en amont (jusqu’à Poitiers) et sur l’immense zone où il était interdit de circuler en véhicule. Sans surprise, lorsqu’il s’agit de défendre un cratère, de l’argent, il y en a : au moins un hélicoptère survolait en permanence le camp.

Malgré cette débauche de moyens mis en place et la violence de la répression, la détermination des manifestant-es de tous âges et l’ingéniosité des organisateur·ices de la journée, nous avons réussi à déjouer les très nombreux barrages qui séparaient le campement et la méga bassine. Les manifestant·es ont ainsi franchi, à pied, à béquilles, en fauteuil roulant, à vélo, les champs et leurs fossés ou haies, mais aussi les lignes de gendarmes qui déployaient tout leur arsenal guerrier : grenades lacrymogènes, de désencerclement, assourdissantes (GM2L remplaçant la GLI-F4), des fusils à marqueurs chimiques, et quelques tirs de LBD.

La diversité des tactiques a su être employée avec brio, notamment en divisant la manifestation en trois cortèges ayant des niveaux d’intensité différents. Le cortège blanc a su tenir en respect la police tout en gardant une intensité de conflit relativement basse (chaîne humaine, farandole mouvante), en empêchant les forces de l’État de tenir une ligne, des brèches se créant grâce au courage et à la détermination des manifestant·es. Des tactiques plus offensives ont également montrées leur efficacité, avec le cortège rouge arrivé en premier sur le site de la bassine.

En effet, au bout d’une heure trente, celui-ci a traversé les grilles de protection avant de se faire très violemment repousser. La répression ayant une fois encore fait des blessé-es et des mutilé·es, alors que le souvenir de la mort de Rémi Fraisse sur la ZAD du Testet dans un contexte similaire de violence policière est encore dans toutes les têtes. Les médics dénombraient samedi soir une cinquantaine de blessé·es dont 4 en état grave.

6 gardes à vues sont aussi à déplorer, avec 4 comparutions immédiates devant le tribunal de justice de Niort ce lundi 31 octobre. Nous transmettons notre soutien aux blessé·es et réprimé·es par ce dispositif de répression démesuré.

Néanmoins, cette journée a pu montrer que par une unité stratégique, mêlant l’ensemble des organisations du mouvement social et travaillant dans une intelligence commune, ainsi qu’une volonté forte et allant dans le même sens, nous pouvons emporter des victoires importantes. Car outre l’envahissement de la bassine, c’est aussi le sabotage d’une des nombreuses canalisations de la bassine qui a été sectionnée ce dimanche 30 par les militant-es, et la construction d’une vigie entourée de palissades.

Les groupes de l’Union communiste libertaire, présents à cette journée, tiennent à saluer l’organisation de ce week-end et nous remercions les camarades qui nous ont accueilli·es et dont la logistique et l’efficacité est à souligner.

Cette lutte contre cet énième projet d’accaparement des ressources, porte en elle la volonté de la construction d’un monde plus juste, débarrassé d’un modèle destructeur d’agriculture, qui s’impose à l’ensemble des populations sans se soucier de l’impact environnemental et des conséquences catastrophiques que cela peut entraîner sur l’écosystème. Nous répondrons présent-es aux futurs appels à se mobiliser, et enjoignons l’ensemble des structures politiques et militantes à investir cette lutte dès que possible.

NO BASSARAN !

UCL Deux Sèvres, le 11 novembre 2022.

Rencontre fédérale et soirée de soutien aux grévistes !

Ce weekend du 5-6 novembre, l’UCL Caen accueillait une quarantaine de personnes mandatées par les différents groupes de l’Union Communiste Libertaire de France et de Suisse, pour des temps d’échanges et de prises de positions.

S’en est suivi une soirée dans la joie et la bonne humeur avec concert et pizzas cuites au feu de bois. A cette occasion, nous avions disposé une caisse de soutien pour les auxiliaire de vie en grève du groupe Orpea et près de 200 euros furent récoltés ! Merci à toutes et tous, la solidarité est notre arme !

★Nous n’aurons que ce que nous prendrons ★

Il ne faut pas juste les encourager, il faut les imiter  ! Les ouvrières et ouvriers de Total (des raffineurs aux pompistes) ont raison de réclamer des hausses de salaires, alors que l’inflation prend à la gorge. Alors qu’il se refuse à réquisitionner ces «  superprofits  » en les taxant, le gouvernement prétend réquisitionner les grévistes et leur envoie les flics  : l’État, un instrument au service des capitalistes. Mais c’est partout que l’inflation pousse à revendiquer  : ferroviaire, transports, énergie, éducation, métallurgie… les appels à la grève se succèdent. On a besoin d’un vaste conflit social comme point de départ pour aller plus loin.

  • +8 % sur les produits de grande consommation, c’était, en août, la hausse des prix constatée sur un an.
  • +3,3 % de hausse moyenne des salaires en 2022, ce n’est même pas la moitié.
  • +32,7 % de hausse des dividendes versés par les entreprises françaises à leurs actionnaires, c’est le résultat du 2e trimestre de 2022, par rapport à 2021.
  • 10 à 15 milliards d’euros, c’est ce que le PDG Patrick Pouyanné a annoncé comme dividendes à distriubuer aux actionnaires de Total cette année  !

Pourquoi la vie coûte de plus en plus cher

  • le dérèglement climatique entraîne une baisse des rendements agricoles, mais aussi une explosion du coût de l’électricité nucléaire. Cet été, plus de la moitié des centrales françaises étaient à l’arrêt en raison de leur vétusté mais surtout du débit insuffisant des fleuves…
  • la flambée des prix des matières premières (bois, charbon, métaux…) disputées par les industriels chinois, européens et nord-américains ;
  • l’invasion de l’Ukraine par Poutine, qui aggrave le tout en perturbant les échanges…

Ce que commande l’urgence sociale

Qui dit inflation, dit remontée de la lutte des classes. C’est ainsi : la hausse des prix pousse à se battre pour les salaires ! D’autant que l’État et le patronat ont tellement sous-payé et dégradé le travail qu’ils peinent aujourd’hui à recruter dans l’hôtellerie-restauration, le BTP, les transports scolaires, la santé publique, l’éducation…

  • Ce qu’ils vont essayer de faire : alimenter les « secteurs en tension » avec de la main d’œuvre contrainte. En instrumentalisant l’enseignement professionnel (pour « orienter » les jeunes). En dégradant la couverture chômage (pour forcer les privé·es d’emploi à accepter des boulots mal payés et rebutants).
  • Ce qu’on doit les obliger à faire : revaloriser les salaires, mais aussi taxer davantage les profits capitalistes, dont les fameux « superprofits » pétroliers, gaziers, pharmaceutiques…
  • Ce que commande l’urgence climatique
  • Le pouvoir d’achat, c’est vital, mais il faut voir plus loin. Les gains en salaires seront vite dévorés par l’inflation. Ce cycle ne peut être sans fin, alors que l’urgence climatique menace la survie même de l’humanité.
  • À nos luttes collectives, il faut donc ajouter une contestation du pouvoir capitaliste. Pour à la fois mieux vivre, et orienter la société vers la sobriété énergétique.
  • développer les services publics (transports, santé, éducation). De proximité et gratuits, pour réduire le nombre de voitures, de kilomètres parcourus, de carburant brûlé ;
  • accélérer l’isolation des logements pour faire baisser la facture de chauffage et de climatisation ;
  • réorienter le modèle énergétique par la sobriété, ce qui permettra de remplacer le nucléaire et le gaz par des énergies maîtrisables, locales et renouvelables (éolien, solaire, hydro-électricité) ;
  • réorienter le modèle agricole en réduisant les productions pesant le plus sur l’environnement et sur les ressources en eau (viande, maïs, soja) ;
  • réduire drastiquement tout le superflu polluant : transport aérien, tourisme exotique, luxe, grands projets inutiles…
  • Relever tous ces défis en même temps peut sembler insurmontable. Ça l’est dans le système capitaliste, régi par la loi du marché et du profit à court terme, qui signifient surexploitation et gaspillage. La nécessaire « planification écologique » ne pourra se faire qu’avec l’expropriation des capitalistes. Seules la socialisation des moyens de production et d’échange, l’autogestion par les travailleuses et les travailleurs, nous permettront de reprendre le contrôle de notre avenir.

★ Pour soutenir les grévistes des raffineries : étendre les grèves partout ! ★

Avec la menace de pénurie dans les stations services, la grève dans les raffineries en cours depuis deux semaines devient une bataille symbolique d’ordre national. Ce mardi, tandis que le gouvernement a annoncé la réquisition des grévistes, la raffinerie de Donges près de Nantes annonçait elle son entrée dans la grève. Le bras de fer ne fait que commencer et nous avons un rôle à y jouer.

Le 20 septembre, les raffineries du groupe Esso-Exxonmobil dans les Bouches-du-Rhône et en Seine-Maritime débutaient un mouvement de grève. Une semaine plus tard elles sont rejoints par certaines des raffineries du groupe TotalEnergies. Les revendications des grévistes sont les mêmes, 10% d’augmentation des salaires.

Des revendications plus que légitime alors que TotalEnergies a réalisé 18 milliards de bénéfices au premier semestre 2022 et ExxonMobil annonce des résultats records ! La crise vous avez dit ? Pas pour tout le monde. Pendant ce temps les augmentations proposées aux salarié.es qui font tourner ces raffineries au quotidien ne compense même pas l’inflation.

Le gouvernement casse la grève, la CFDT aussi

Ce mardi 11 octobre, la première ministre Elisabeth Borne, demandait aux préfets de réquisitionner les grévistes des dépôts Esso. Depuis quelques jours déjà, le gouvernement avait préparé le terrain par une campagne de décrédibilisation des grévistes, bien aidé par les médias bourgeois habituels. Comme pour les cheminot.es, les dockers ou tous les secteurs disposant d’une forte capacité de blocage, ont nous sort les mêmes poncifs.

Salaires à 5 000e, avantages à la pelle… Tout est bon pour faire passer les grévistes pour des privilégiés et monter les corporations les unes contre les autres. Mais dans l’énergie comme dans tous les secteurs, les seuls privilégiés, les seuls assistés, c’est bien les actionnaires. Même si les salaires et les primes sont meilleurs dans les raffineries que dans d’autres entreprises et secteurs, les revendications des salarié.es n’en sont pas moins légitimes !

En dénigrant les grévistes et en demandant aux préfets de les réquisitionner, le gouvernement montre qu’il n’est pas neutre dans ce conflit. Il est du coté des trusts pétroliers, de ses patrons et de ses actionnaires. Et cela n’a rien ne surprenant puisqu’il s’agit de la fonction même de l’État, un instrument au service de la classe dominante.

Le patron de la CFDT, Laurent Berger, a quant à lui dénoncé une « grève préventive » et « inutile »… Il préférerait que les salarié.es restent sagement à leur place et attendent gentiment que la CFDT négocie pour elle et eux quelques miettes pendant que les actionnaires touchent des sommes astronomiques.

Mais les salarié.es de la pétrochimie n’ont pas besoin de Laurent Berger. Ils ont bien compris que c’est le rapport de force par la grève, qui peut faire céder les patrons. Lundi soir, la CFDT ExxonMobil a annoncé qu’elle signerait bien l’accord proposé par la direction, a savoir : 5,5% d’augmentation générale des salaires.

Et si les grévistes des raffineries nous montrait l’exemple ?

Si elles se confirment, tout ce que ces réquisitions risquent d’apporter, c’est une radicalisation et une extension du mouvement dans les raffineries et probablement un plus grand soutien populaire. Et c’est tant mieux ! Car les revendications sur les salaires sont aujourd’hui partagées par des millions de travailleurs et travailleuses qui ont de plus en plus de mal à finir le mois.

Et si le mouvement de grève qui touche les raffineries était l’étincelle que nous attendions pour déclencher un vaste mouvement pour l’augmentation des salaires ? Impossible à dire. Mais la colère couve et elle pourrait bien nous surprendre. La situation peut rapidement évoluer et il est du rôle des révolutionnaires de s’y préparer activement, en discutant avec nos collègues, en préparant nos équipes syndicales.

Avec une idée en tête : la meilleure manière d’être solidaire des grévistes de Total et Exxonmobil, mais aussi toutes les boîtes actuellement en grèves pour des augmentations de salaire, c’est de discuter et construire la grève dans nos propres secteurs !

★1er Octobre : Café Libertaire autour du livre Nous vous écrivons depuis la révolution★

Samedi 1er octobre à 15h30, retrouvez-nous au BTKC pour un café libertaire autour du livre Nous vous écrivons depuis la révolution, en compagnie des autrices.

« Ce livre est parti d’un désir et d’une nécessité : partager les expériences, les rencontres et les émotions qui nous ont traversées au cœur de la révolution du Rojava. Un désir, parce qu’autant de beauté, d’énergie et d’espoir doivent être diffusés le plus largement possible et doivent pouvoir imprégner chacune de nos vies, chaque lutte à travers le monde. Une nécessité parce qu’il est de notre responsabilité de ne pas faire de ce temps au Rojava une expérience personnelle, mais de faire connaitre le projet et la réalité révolutionnaire de celles qui nous ont tant appris. »

Nous vous écrivons depuis la révolution a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient. Avec ce récit, elles nous invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base… Textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews, autant de formes différentes qui font palpiter ce livre et permettent d’approcher les émotions les plus intimes, la pratique quotidienne et les enjeux géopolitiques. Une porte ouverte aux réflexions et discussions pour se nourrir ici de ce qui est expérimenté là-bas. »

★Macron prépare une rentrée RN-compatible★

Alors que l’été 2022 restera comme l’un des plus chauds et des plus secs depuis qu’on mesure les données climatiques, le gouvernement prépare pour la rentrée un grand débat sur… l’immigration  ! Sans égards pour la catastrophe écologique et sociale, Macron compte déjà sur les voix LR et RN pour faire passer ses réformes antisociales et racistes.

Les conséquences du réchauffement et dérèglement climatiques se font déjà sentir. La catastrophe annoncée entraînera une aggravation des inégalités sociales, mais les capitalistes continuent de nier l’urgence. L’été qui s’achève, comptabilise des records de température dans plusieurs villes  : 35°C à Toulouse, 39,1°C à Nantes, 40°C à Bordeaux et près de 43°C à Biarritz. La sécheresse qui s’est abattue sur la quasi totalité du territoire est la plus intense que la France ait connue depuis le milieu du XXe siècle. Les incendies qui ont ravagé plus de 50 000 hectares, n’épargnant aucune région, notamment Landes et Bretagne, rajoutent à cette année de tous les records.

La forêt brûle et ils regardent leurs profits

On est loin de la soudaine prise de conscience écologique et des appels au «  peuple de gauche  », de mise pendant la campagne de l’entre deux-tours de la présidentielle, où Macron semblait découvrir les bienfaits de la planification écologique, reprenant le vocabulaire d’un Jadot ou d’un Mélenchon. L’agenda présidentiel s’est déporté aujourd’hui sur la casse écologique et sociale. Macron réélu, la campagne des législatives qui s’en est suivie a été menée à droite toute, contre le danger gauchiste que représenterait la Nupes… Aujourd’hui 90 député·es RN ou apparentés siègent à l’Assemblée nationale et la session parlementaire qui a suivi a déjà prouvé que le gouvernement s’appuie complaisamment sur les voix de l’extrême droite pour faire passer ses mesures économiques et antisociales.

Les pistes gouvernementales aujourd’hui avancées pour faire face aux conséquences de notre dépendance aux énergies fossiles se résument à demander aux particuliers d’éteindre les lumières  ! Alors que de toute part les conséquences du système de surexploitation des ressources de la planète se font ressentir fortement et durablement, la réponse est de ne surtout rien changer à ce système et d’en appeler à la responsabilité individuelle pour que chacun·e fasse un petit geste. Les jets privés continueront de transporter les profiteurs de ce système. L’essentiel est sauf  : préserver les profits des exploiteurs capitalistes. La politique du colibri… sauf que la forêt brûle (au sens propre) et qu’il serait plus que temps d’agir en conséquence.

Du côté de la FNSEA c’est le même aveuglement. Agricultrices et agriculteurs sont les premiers à ressentir les conséquences de la catastrophe au quotidien, mais on persiste à promouvoir la compétitivité française sur les marchés mondiaux. Comment répondre à la crise  ? Faire toujours davantage la promotion de l’agriculture intensive, et s’appuyer aveuglement sur le solutionnisme scientifico-technologique pour remettre à demain les mesures nécessaires pour un retour à une agriculture paysanne qui n’exploite ni les humains, ni les animaux et préserve notre capital bio-écologique.

Le 3 août dernier Gérald Darmanin annonçait un «  grand débat  » en prélude à l’examen au Sénat de son projet de loi immigration. Pourquoi annoncer ce débat sur l’immigration en plein été alors que le ministre se félicitait fin juin, d’une majorité assurée pour voter le texte avec les LR (et le RN qu’il a sciemment omis de citer)  ? Sans doute pour «  parler aux tripes de français  »  ! Fin juillet encore, Darmanin, niait le manque de moyens pour combattre les feux, mais s’enorgueillissait de ses résultats en matière de répression  : 2 500 retraits de titre de séjour et 70 000 refus de délivrance ou de renouvellement de titre depuis octobre 2020 et l’éloignement de «  2 751 auteurs de troubles à l’ordre public  » avant quelques jours plus tard d’annoncer fièrement l’ouverture de nouveaux centres de rétention administrative (CRA).

Déclarer sa flamme à la réaction

Anticipant les colères et les oppositions sociales à venir, Macron, bien décidé à mener à bien sa réforme des retraites, allume un contre-feu. Son objectif est d’instaurer un système toujours plus injuste pour les plus précaires et se défaisant des principes de solidarité qui prévalaient jusqu’alors. Car c’est bien le principe de solidarité, foncièrement incompatible avec le système d’exploitation capitaliste, auquel s’attaquent les libéraux partout où il avait été promu au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Depuis une quarantaine d’années maintenant les réformes promues par les néolibéraux n’ont de cesse de s’attaquer et d’en finir avec ce qui à leurs yeux apparaît comme aberration : promouvoir la solidarité plutôt que la guerre de tous contre tous.

Dans ce combat les libéraux peuvent compter sur l’appui des réactionnaires de tous poils. En faisant diversion sur la question de l’immigration et en désignant ce qui serait, LE problème, Macron pense pouvoir faire coup double. Face à la crise que nous connaissons, détourner les regards des mesures écologiques et sociales inexistantes et s’allier les voix de la droite et de l’extrême droite.

Concurrents politiques, les libéraux et l’extrême droite ne rechignent pas à s’allier contre les intérêts de notre classe. S’ils partagent la même détestation pour les principes de solidarité, ils ont un autre point commun, leur amour pour les énergies fossiles. Dans son essai, Écofascismes, Antoine Dubiau souligne très justement que «  pour l’heure [l’extrême droite] reste davantage préoccupée par la défense du mode de vie occidental dopé aux énergies fossiles que par le ravage écologique en cours  ». La défense des énergies carbonées, et au passage des bénéfices qu’en soutirent les capitalistes, c’est défendre le «  socle matériel de la civilisation occidentale  »  [1].

La politique cynique de Macron et des libéraux fait le lit de l’extrême droite. Elle s’est aujourd’hui durablement installée dans le paysage politique et ce sont ses obsessions racistes et sécuritaires qui dictent désormais l’agenda politique des partis de droite, LREM et LR. Libéraux et réactionnaires se nourrissent les uns des autres, mais il est à craindre que l’instrumentalisation des thématiques racistes et réactionnaires à des fins de division du prolétariat ne finisse par installer durablement l’extrême droite au pouvoir. Les conséquences pour les minorités et le mouvement social dans son ensemble seraient catastrophiques. Celles et ceux de notre camp tenté·es par l’accélerationnisme devrait y penser à deux fois : l’extrême droite installée avec les moyens de la machine d’État, c’est l’amplification du niveau de répression.

Ces attaques appellent des réponses fermes du mouvement social. Pour combattre efficacement les réformes antisociales du libéral-autoritaire Macron, l’unité doit être sans faille, mais elle n’est pas suffisante. Face à l’urgence écologique et sociale il faut impérativement être à l’offensive pour imposer un contre-projet pour une société sociale, alternative et solidaire. Combattre les réformes antisociales dans une unité et une fraternité de classe retrouvées, c’est aussi faire reculer les projets racistes du RN et Darmanin. La lutte sociale est une lutte antiraciste. Retrouvons le chemin des luttes !

[1] Antoine Dubiau, Écofascismes, Éditions Grévis, Caen, 2022